lundi 7 mai 2012

Sarko : Adieu veau, vache, cochon couvée

2012 disais-je dans un précédent message, c’est l’année des fins de règne et Sarko n’échappa à la règle. Adieu veau, vache, cochon couvée ; c’est la fin de l’illusion et des élucubrations pour Sarko et ses thuriféraires. Fini  l’Elysée, les paillettes, le tapis rouge les sirènes. Même Engie la marraine Merkel n’aura pas su stopper un Franc - soir-d’Hollonde lui le désormais larron baron.
La France a fini de virer à Bâbord et de quelque bord qu’il puisse être Hollande demande à être juger à l’autel de son action pour la justice et pour la jeunesse. Hélas le chantier est beaucoup plus vaste que cela. "Je n’ai qu’un adversaire dans cette campagne, c’est la finance, a-t-il fustigé, la finance folle, la finance qui a soumis l’économie, qui l’a dominée et qui aujourd’hui entrave les peuples." Disait-il, la finance n’est la jeunesse et elle est bien loin de la justice, elle n’est que justesse taillée sur la volonté du plus fort, du plus riche ou du plus influent. Français tu seras alors jugé en fonction du combat que tu auras mené contre ton seul adversaire, cette finance de l’astuce et de la ruse qui domine le monde.  Sauras-tu réellement le vaincre ?
Le combat de la France ressemble fort bien à celui des Sénégal en 2012. L’enjeu au Sénégal  c’était de faire partir Wade et non pas forcément d’élire Macky Sall. Il est resté le même en France on a voté contre Sarkozy pas forcément pour Hollande. Sarko est parti mais la droite n’est pas au sarcophage, bien au contraire elle étend ses ramifications en Europe et la Grèce pays d’origine de Sarkozy en est  la parfaite illustration. Hollande un président par défaut ? Il est certes élu mais sera-t-il vraiment l’« Elu » ? Le temps nous le dira.
Et l’Afrique dans tout ça ?
Je dois m’inquiéter de l’intérêt que nous autres africains portons aux élections en Europe et en Amérique. On a eu envie d’élire OBAMA sans être américain, on a voulu chasser Sarkozy sans être européens. Comme  si l’élection d’OBAMA, le noir américain allait mettre fin à la souffrance des africains. Nous nous enthousiasmons tant du départ de Sarkozy puisque pour nous la droite incarne le mal et le mal vivre de nos frères africains vivant en Occident. N’avons-nous pas tort de nourrir l’espoir d’une renaissance africaine qui viendrait d’OBAMA l’américain ou d’Hollande le français ?
OBAMA est le président des Etats-Unis d’Amérique et sa politique africaine a fini de démontrer que l’Afrique a eu tort de voir en lui un messie noir des temps modernes à la tête de la plus grande puissance mondiale. Et d’ailleurs saura-t-il résister à la grande vérole qui a tué ses semblables (Sarko et Wade)
 Nous ne pouvons pas, non plus, attendre davantage d’Hollande, sinon juste plus de respect et d’humanité envers les minorités, qu’elles soient noirs, arabes musulmanes ou juives.
Pour ce qui est de la Françafrique, « trade, not aid ». L’Afrique n’est pas un boulet pour le monde ; nous ne voulons pas nous accrocher au train de l’occident pour exister. Pas de pitié, que du respect, juste un commerce équitable. Plus de bateaux qui viennent piller nos côtes ; pas d’APE qui ruinent nos paysans pas de main mise sur nos mines, nos ressources humaines et nos chefs d’Etat. Halte à la finance qui gouverne, au monsieur et messie Afrique de l’Elysée.
Juste pour sourire
Nicolas peut bien reprendre ses croisières avec ses amis les Bolloré. Il pourra même inviter ses amis Kadhafi, il n’en reste pas beaucoup d’ailleurs. Il ne manque pas de compagnie d’ailleurs. Carla, la belle bruni a de quoi consoler un roi bon vaincu sans haine. Vas y François les règles du jeu sont fixées qu’on se la joue à la loyale.

samedi 29 octobre 2011

Afrique : identité culturelle et internet

Conférence de Dr. Moustapha MBENGUE, sur Afrique : identité culturelle et internet
Le 03 octobre 2011 à Botanica Montpellier

(Texte introductif de l'OUI)

Le 15 juin dernier, à l'occasion des rencontres Moustic, Moustapha Mbengue Docteur et chercheur en Science de l'information et de la communication depuis Dakar en videoconférence, nous parlait des enjeux culturelles de l'internet en Afrique.

Nous avons eu le plaisir de l'accueillir à Montpellier au mois d'octobre dans le cadre du projet arrêt sur usage, cette fois sur le "thème Afrique, identité culturelle et internet".
A écouter, le compte rendu audio de cette rencontre ...

Suggestion : lisez le document a-lire-expose-mbengue.txt ... téléchargez le diaporama et prenez le temps d'écouter les enregistrements dans l'ordre ou le désordre selon vos centres d'intérêt.

http://www.oui.net/modules/news/article.php?storyid=133

vendredi 8 juillet 2011

Ecouter ma dernière conférence sur les enjeux culturels de l'internet en Afrique

Conférence de Dr. Moustapha MBENGUE dans le cadre des rencontres MOUSTIC : Montpellier Sup Agro 14 juin 2011 (en visio)
Dr. Moustapha Mbengue s’intéresse depuis plus d’une décennie à la problématique des enjeux sociaux des TIC et c’est en cela qu’il jette un regard sur les enjeux culturels de l’Internet, cette technologie qui est tantôt brandie comme étant une menace pour la culturelle africaine, alors que certains spécialistes y voient bien au contraire une chance pour le continent noir. Il s’agira alors pour lui, au-delà du débat « théorique » de partir d’exemples et de vécus pour permettre à chacun de voir et de mesurer les réels enjeux de l’Internet pour l’Afrique et pour le monde.  

lundi 2 mai 2011

OBAMA TUA OSSAMA

Le monde s’est réveillé ce matin avec l’annonce de la mort d’Ossama Ben Laden, l’homme le plus recherché au monde. Après avoir envoyé 100 000 soldats américains sur le sol afghan et mis à prix pour 50 millions de dollars la tête de Ben Laden, la baraka sourit finalement Barack. Il a finalement réussi ce que son prédécesseur n’a pas su faire en deux mandats.


Je ne crois cependant pas qu’il faille se réjouir de la mort de Ben Laden.


Ce point de vue n’est motivé par aucune sympathie pour l’homme, encore moins pour l’idéologie qu’il défend. Je ne crois pas qu’on puisse tuer des innocents sous la bannière verte (couleur de la paix) de l’ISLAM et je condamne donc tous les attentats à soubassement politique, orchestrés, soit disant au nom de l’Islam.

Au-delà de ces considérations sur l’homme et ses idéo ma conviction est que la mort de Ben Laden est un échec pour les Etats-Unis. Si les attentats du 11 septembre peuvent être assimilés à un terrorisme tous les actes qui les ont suivis relèvent pour moi d’une guerre, c'est-à-dire un conflit qui oppose la première puissance mondiale à une organisation politique et militaire dénommée Al-Qaïda. A la guerre comme à la guerre, Al-Qaïda s’est donc défendu avec armes, même si encore une fois cela ne justifie pas les milliers de morts enregistrés dans cette guerre qualifié « de guerre asymétrique ».

Cela ne fait donc aucun doute, Ben Laden a fait beaucoup de torts aux américains mais il en a surtout fait à l’islam qui, par sa faute est aujourd’hui assimilé par certains à une religion de violence.

Pour autant, un vrai succès aurait été, à mon avis, de capturer Ben Laden et de le traduire en justice devant un tribunal pour que nul n’en ignore. Aussi, confisquer tous ses biens pour indemniser ceux qui sont morts par sa faute. Enfin démanteler tout Al-Qaïda si tant est que l’objectif est de pacifier le monde instaurer la démocratie et la justice.

Comment en 10 ans, la si puissante Amérique a dépensé des millions de dollars pour capturer un homme et se réveiller un matin pour annoncer au monde entier que Ben Laden est tué et que son corps est immergé dans l’océan après une cérémonie ? Laquelle ? des prières, selon quel rite ? Nous servir ensuite une image truquée http://info.france2.fr/mort-oussama-ben-laden/ben-laden-mort-une-photo-truquée-68618029.html# comme étant celle de Ben Laden mort, alors que tous les spécialistes confirment que cette photo n’est qu’un vulgaire montage. J’ai Beaucoup d’estime pour OBAMA et je le croyais OBAMA plus intelligent que ça. Il cherche pour l’instant à créer un sentiment d’unité nationale autour de la mort de Ben Laden, et partant, à redorer son blason en vue des échéances électorales de 2012. Je vois bien ses prochains slogans « OBAMA win OSSAMA » « YES WE DID ». En politique on exploite tous les bons coups à fond et aussi tous les mauvais coups pour enfoncer son adversaire. Mais c’était qui l’adversaire des États-Unis, Ben Laden, Al-Qaïda, le monde musulman en général ? Khadafi ou Bachar Al Assad ? Le Hamas ou Hezbollah ? Au fait l’ennemi des États-Unis, c’est personne et tout le monde à la fois. Tout dépend des circonstances et des intérêts de l’instant. Ce pays n’hésite pas à armer un peuple pour combattre un autre et se réveiller le lendemain pour financer une coalition internationale contre ses amis d’hier et faire cautionner ses crimes par la France et le reste du monde.

Qui a armé les Talibans pour combattre le commandant Massoud, lui-même financé par les soviétiques ? Qui achetait le pétrole de Sadam Hussein pour ensuite le traiter de criminel et le pendre devant les caméras du monde entier et celui de Khadafi ? On le sait, l’Amérique n’a jamais gagné une guerre et celle contre Al-Qaïda risque de ne peut pas faire exception. Ben Laden est mort mais il en existe des milliers d’autres qui ne portent pas son nom encore moins sa fortune mais qui sont aussi redoutable que l’homme. Et d’ailleurs Obama n’a jamais été la tête pensante d’Al-Qaïda. Cette organisation est une vraie nébuleuse qui fonctionne un peu comme le web, une toile d’araignée ou il existe des milliers de groupes qui ne se réclament d’Al-Qaïda que de nom mais qui n’obéissent en rien à Ben Laden.

Le monde se portera t-il mieux sans Ossama ? La priorité n’est-elle pas ailleurs ? Ossama était-il pire que l’état d’israel ? Sa mort ne risque-t-elle pas de soulever d’autres vengeances ?


Time will tell

mercredi 20 avril 2011

Ouatara et après ?

Triste sort pour Gbagbo et sa gbagobelle. L'image d'une ville jonchée de cadavres à la limite de l'humainement supportable. Tout cela à cause d'un homme qui refuse de se soumettre à la volonté du peuple.

Voilà qui devrait faire réfléchir tous les dictateurs d'Afrique. Le temps est fini où on peut se permettre de narguer son peuple. Le temps est venu où le peuple doit rester le seul souverain. Tout le monde ne l'a hélas pas compris en Afrique. Le sort de Gbagbo, si triste qu'il soit, est celui qui attend tous les mandarins d'Afrique qui pensent pouvoir confisquer la volonté du peuple au profit d'une seule minorité (oligarchie). Ces derniers seront-ils assez intelligents pour décrypter le message lancé par les Egyptiens, les lybiens, les tunisiens et sous nos tropiques, les ivoiriens (même aidés par les forces françaises du LICORNE).

Alors que la Côte d'ivoire se meurt, le Niger lui a choisi la voix des urnes, Sékouba Konaté à réussi ce qu'aurait du faire Dadis. C'est l'exemple à suivre pour tous les militaires dont la place naturelle reste la caserne et non le palais.
Ouatara, et après ?
Gbagbo est parti Ouatara est arrivé. Loin d'être la fin, le départ de Gbagbo n'est, je l'espère que le début. Le début du renouveau pour la Côte d'ivoire qui depuis plus d'une décennie n'arrive pas à vivre en paix. Oui la paix. Si j'étais Ouatara, j'inscrirais mon magistère sous le sceau de la paix et de la réconciliation nationale mais aussi celui de la reconstruction économique de ce beau et riche pays.
Bon vent ADO

mercredi 23 février 2011

L'Afrique le Jasmin et les Amines

Le spectre de la révolution tunisienne plane sur tout le continent africain et même ailleurs. Pour autant, je ne crois pas, je ne souhaite surtout pas qu’une révolution à la tunisienne soit la bienvenue sous nos cieux.

Si on étudie l’histoire de la démocratie en Afrique on peut facilement faire une typologie en 3 catégories.

Le premier lot de pays étant constitué par ceux qui ont connu le multipartisme depuis fort longtemps et qui ont une tradition de dialogue et d’échange entre les populations et leurs états. Dans ces pays, même si on ne peut pas parler de démocratie au vrai sens du terme, un gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple, c'est-à-dire une démocratie au sens athénien du terme, il existe une parodie de démocratie. Les élections comme seul moyen légal d’accéder au pouvoir et une administration qui tente de répondre aux aspirations du peuple. En réalité, même dans ces pays la, le peuple ne gouverne pas, les réels gouvernants sont l’état et la bureaucratie. Dans ce premier lot le peuple n’est pas bridé même si on note ça et là quelques dérives étatiques qui sont à l’encontre d’un idéal démocratique. C’est le cas du Sénégal. Après le Sénégal d’autres pays ont adopté le multipartisme (qui n’est pas un ersatz de démocratie), (Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Côte d’ivoire, Guinée, Madagascar, Mauritanie, RCA, Rwanda).

Un deuxième lot est constitué des pays qui ont découvert la démocratie après la conférence de la Baule (19-21 juin 1990). La majeur partie de ces pays sont passés par les conférences nationales qui sont également un moyen de dialogue et d’échange qui a servi à soigner les plaies des quelques décennies de dictatures qui ont suivi les indépendances. (Bénin, Congo, Togo, Niger, Mali, Tchad ). A défaut d’une démocratie, le pardon et c’est tout bénef puisque ça évite le sang de la révolution

Le troisième lot est constitué de l’essentiel des pays du Nord de l’Afrique (le Maghreb) pour l’essentiel dirigés par des dictateurs et autres despotes déclarés « allusion à despotes éclairés». Il s’agit principalement de la Tunisie, de l’Egypte, de la Libye et dans une moindre mesure de l’Algérie et du Maroc. Dans ce dernier lot de pays le peuple n’a jusqu’ici pas eu droit au chapitre. Aussi les ressources économiques de ces pays sont toujours détenues par quelques familles souvent proches des dirigeants. Les maigres tentatives de révoltes et de réclamation d’une démocratie ont été matées dans le sang. Il fallait donc qu’un jour ou l’autre que le peuple se réveilla pour réclamer son dû, sa véritable indépendance après les indépendances. La révolution constitue pour ces pays le seul moyen « accepté » ou subi par l’état pour renoncer au pouvoir. Le sang versé en valait-il la peine ? Je me pose encore la question. La sueur ? oui !

Pour des pays comme les nôtres, une révolution à la tunisienne serait de mon point de vue un recul. Notre « démocratie » est trop avancée pour que des centaines de vies soient sacrifiées sur l’autel d’un changement de régime qui n'est pas forcément synonyme de démocratie. Il me semble que mon peuple a compris depuis l’an 2000 et peut-être même avant, que les élections constituent le seul moyen légal de renverser un pouvoir. Je n’en dirais pas plus, le Sénégal et les sénégalais jugeront en 2012.

Aussi, me semble-t-il, ce qui s’est passé en Egypte et en Tunisie doit être analysé brièvement sous deux angles. Le premier est politique, il s’agit d’un homme, le chef d’état qui empêche à tout un peuple de jeter un regard, encore moins de commenter sa gestion ou de dire ce à quoi il aspire.

Le second est économique, une oligarchie (Ben Ali et le clan Trabelsi, Khadafi Moubarak et leur famille, ailleurs aussi sous les tropiques) qui centralise les ressources économiques du pays alors que la peuple vit dans la misère. L’un dans l’autre, la seule alternative qui s’offrait aux populations (Tunisie et Egypte) était la révolte et la sédition puisque pour rien au monde leurs dirigeants ne lâcheraient le pouvoir, de peur d’être poursuivis par leurs successeurs. La révolte (une contestation ou opposition à l’autorité parfois non organisée) mène à la révolution (mouvement organisé qui demande un changement en profondeur).

Que les populations sénégalaises soient révoltées contre les coupures de courant et le coup élevé de la vie me semble normal et je le conçois. Que certains d’entre nous veuille braver l’autorité en organisant une marche « non autorisée (il y’a un flou juridique dans ce domaine)», je concède. Que la révolte serve à brûler des pneus, à casser des bus et à incendier des agences de la SENELEC, je condamne.

Pour autant une bonne lecture de la géopolitique du monde doit faire réfléchir nos dirigeants et mêmes tous les dirigeants du monde. Nous vivons une époque de la cyberculture ou les informations se communiquent « à la vitesse de la lumière ». Il est aujourd’hui, plus que jamais très facile de mobiliser un groupe et même un peuple autour d’une cause et c’est cela qui a accéléré la révolution en Egypte et en Tunisie. Une fois réunie, plus personne ne la contrôle la foule, et elle agit bien souvent inconsciemment et les résultats de ses actes dépassent parfois les attentes des initiateurs du mouvement. C’est d’ailleurs ce qui explique la fameuse phrase d’Horace le poète latin (dans Odes III.1) « Odi Profanum Vulgus et Arcéo » (Je haïs le vulgaire profane et je l'écarte.). Le profane c’est chacun d’entre nous, c’est chaque individu de la foule. Même si on est loin du Jasmin et qu'on se contente des Amines de nos illustres bienfaiteurs de Tivaouane, Touba, Kaolack etc.

Le monde n'est plus ce qu'il était, les TIC et l'internet sont passés par la. Ils peuvent amplifier des intentions ou alors servir de caisse de résonnance capable en quelques heures d'essaimer tout un peuple pour qu'il se mobilise autour d'une cause. Les réseaux sociaux sont aussi des vecteurs sociaux. Tout les spécialistes de webmarkting le comprennent bien d'où le concept de marketing viral.

Ben Ali l’a appris à ses dépens, Moubarek l’a su y’a pas longtemps mais c’était trop tard, Khadafi lui rame à contre courant alors que Gbagbo le beau vit son dernier temps.

Que tous les autres dictateurs d’Afrique se le tiennent pour dit.

mardi 22 février 2011

De la culture à la cyberculture

Le vocable culture est à la fois complexe et lourd de sens. Il est alors bien difficile de tenir sur la culture un discours objectif échappant à stéréotypes et autres catégories préétablies. Toute action humaine est en quelque sorte le fruit d’une culture. Notre façon de percevoir les choses, de penser et d’agir, est fortement influencée par le milieu, la société à laquelle nous appartenons. C’est ainsi que le vocable culture peut être associé à toutes les situations, les peuples, l’action, le domaine couvert ou même la profession. On parle ainsi de culture Diola, de culture journalistique de culture d’entreprise c'est-à-dire « un ensemble de traditions, de structures et de savoir faire qui assure un code de comportement implicite et la cohésion à l’intérieur d’une entreprise ». La culture semble ainsi prendre le sceau ou la marque de fabrique qui identifie toute organisation.
La culture peut être comprise au sens de traits de civilisation lorsqu’elle détermine la façon de voir et de se comporter d’un individu ou d’un peuple fortement inspirée de l’histoire et de la tradition de ce peuple. Elle peut, à ce titre être définie comme « un ensemble de convictions partagées de manière de voir et de faire qui oriente plus ou moins consciemment le comportement d’un individu, d’un groupe » (Larousse 2008).
La culture peut être assimilée à l’art et à l’artisanat c'est-à-dire un ensemble de savoir et de savoir faire. L’art de parler des griots, l’art de tisser, l’art de cuisiner. La mode, à la façon de marcher de s’habiller, de parler…exp la culture Hip Hop, Hippy, Punk, roots, elle est à ce titre une philosophie, l’art d’être…et de se comporter comme les membres de cette communauté. Un trait d’humanité, ce qui fait qu’un membre d’une communauté puisse être reconnu et accepté comme tel.

Au sens folklorique du terme la culture épouse le sens de manifestations et de célébration fêtes, croyances, rites, contes légendes etc.

La culture peut également être perçue comme un ensemble de connaissances « ce qui reste quand on a tout oublié »( Edouard Herriot, homme politique et écrivain français), culture religieuse, culture islamique, culture générale.

Il ressort de toutes ces définitions que la culture est moins déterminée que déterminante, et que le mot recouvre des réalités bien changeantes et diverses selon les époques, s’étendant sur des champs éloignés, découvrant les domaines nouveaux ou se repliant sur des valeurs fondamentales. Nous retiendrons dans le cadre de cette réflexion une conception ethnologique de la culture que nous partageons d’ailleurs avec E. B. Taylor qui avançait en 1871 que « La culture [...] est cet ensemble complexe qui inclut la connaissance, la croyance, l’art, la morale le droit, la coutume et toutes autres capacités et habitudes acquises par l’homme en tant que membre de la société ». Dans cette optique, le champ culturel embrasse pratiquement tout ce qui fait de l’individu un être social.

Cette conception de la culture nous permet de mesurer et d’appréhender ses enjeux réels puisque la culture définit en quelque sorte l’identité de l’individu. Comment s’exprime cette identité humaine dans la société de l’information ? Quel est aujourd’hui le rapport entre l’homme et la technologie, entre l’homme et l’information voir entre l’homme et ses semblables ? C’est bien la, le fondement de la cyberculture d’où l’hypothèse de Claude Baltz « qu’il n’y a pas de société d’information sans cyberculture ». et que « “L’honnête homme” de ce début de XXIe siècle, et les autres, ont assisté de près ou de loin à l’explosion de la communication sous toutes ses formes et en particulier, évidemment, celle de l’Internet. On commence à saisir que se développe sous nos yeux un ensemble inédit de technologies et de connaissances affectant profondément tous les aspects de notre mode de vie, ce dont les représentations culturelles traditionnelles ne suffisent plus à rendre compte. Un ensemble plus vaste est à concevoir. La cyberculture se présente comme un début de réponse. » Pour cet auteur, la cyberculture est un début de réponse à la nécessité d’une nouvelle attitude théorique par rapport à la société d’information, de la part du savant, du politique ou du gestionnaire. La cyberculture désigne aussi, selon Pierre Lévy, l'un de ses principaux théoriciens, un nouveau rapport au savoir, une transformation profonde de la notion même de culture, voire une intelligence collective dont la Wikipédia pourrait justement servir d'exemple.

L’internet constitue pour ainsi dire un terreau fertile où se développent toutes formes d’expression culturelle. Corrélativement, les pratiques et comportements culturels sur internet ont également générer de nouvelles aptitudes et des attitudes, de nouvelles façons de voir le monde, de nouveaux savoirs, un « savoir savoir » (savoir trouver l’info), un savoir faire (savoir réutiliser l’info) et tout simplement une nouvelle culture informationnelle que l’on peut, à juste titre qualifier de cyber-culture. Pour deux raisons à mon avis :
Un, son universalité
Deux, son soubassement technologique réticulaire.
Il est à présent évident que les TIC sont en train de dessiner les contours d’une nouvelle époque dont la principale richesse est le savoir et la connaissance. L’information et les connaissances sont à présent reconnues comme un enjeu mondial au même titre que l’éducation, la santé, l’environnement etc. Aussi, sont apparus des concepts tels que l’économie de l’information, intelligence collective, intelligence économique. Bref, l’information est assimilée à un pouvoir et elle est également un enjeu majeur pour le développement à tel enseigne que l’Organisation des Nations Unies lui consacra, en association avec la société civile et les États, un Sommet mondial sur la société de l’information qui s’est déroulé en deux phases (Genève 2003, Tunis 2005)

Nous invitons alors les lecteurs à lire le texte de Pierre Levy que nous qualifions de fondement théorique de la cyberculture, pour mieux appréhender les enjeux pratiques que nous souhaitons aborder dans ce cours.
Lien du texte : http://www.ub.edu/prometheus21/articulos/obsciberprome/pierreluniversel.pdf